Portrait – Samba Ndiaye, tradipraticien des temps modernes (L’Observateur)

Portrait – Samba Ndiaye, tradipraticien des temps modernes

Par Maguette NDONG | Lobservateur | Mercredi 12 décembre, 2007 04:55

Les dernières révélations qu’il a faites sur la stérilité masculine ont fait de Serigne Samba Ndiaye un tradipraticien hors pair. Si certains spécialistes de la médecine moderne lui vouent respect, d’autres ont préféré le dénigrer. L’homme soucieux de la santé des Sénégalais renouvelle sa confiance à ses plantes et racines pour d’autres découvertes.
Face à un écran de télévision, une cinquantaine de patients installés dans une petite cour de maison suivent avec une grande attention une émission d’une chaîne privée de la place. Le présentateur n’est personne d’autre que Serigne Samba Ndiaye, un tradipraticien réputé par ces temps qui courent et dont les dernières révélations sur la stérilité masculine ont fait la une de plusieurs journaux. En ce dimanche après-midi, les malades venus de tous les coins du pays se bousculent dans son cabinet situé à Hamo 5, une cité de la banlieue dakaroise, pour se faire consulter. Dans le quartier, impossible de se perdre quand vous demandez la maison du soignant. Une maison à étage beige vous est indiquée du doigt. La porte du garage, souvent ouverte sert de salle d’attente aux nombreux malades. De même que l’arrière-cour de la maison. A l’étage, le maître des lieux vit avec sa petite famille.
Tradipraticien des temps modernes, Samba Ndiaye commence d’abord par mettre le malade à l’aise. « Les médecins ont des cabinets, pourquoi pas les tradipraticiens puisque rien que le milieu joue sur la psychologie du malade. Il faut donc le mettre dans de bonnes conditions », croit cet homme de taille moyenne, aux yeux pétillants d’intelligence. Et depuis la mise sur pied de ce cabinet, ils sont, chaque année pas moins de 34 000 malades à se faire consulter. Chaque jour, une cinquantaine de personnes sont enregistrées dans le registre du cabinet. La plupart de ces malades viennent des hôpitaux où ils n’arrivent pas à soulager leur mal. Et parfois, la visite chez Samba Ndiaye peut parfois porter chance. Mais, le soignant se démarque de cette race de « tradipraticiens » qui investissent à longueur de journée les radios à la recherche de malades qu’ils n’arrivent pas à trouver. « Moi je n’ai pas de limites dans la médecine traditionnelle, bien que je ne peux pas tout soigner », nuance le tradipraticien.
Pour lui, ses domaines de compétences se limitent, à l’heure actuelle, aux dermatoses, au rhumatisme, au nerf sciatique, à l’arthrose entre autres. Mais, depuis le 12 septembre dernier, Samba Ndiaye a comme opéré une révolution dans la médecine en général en présentant ses « résultats extraordinaires » dans le domaine de stérilité masculine. Ce jour, face à la presse, il a fait le diagnostic de la maladie tout en donnant les causes et les remèdes du mal. Tout cela sous l’œil averti de Dr Daffé, un urologue réputé. Pour lui, impossible de parler de miracles, car seules la poudre et les plantes naturelles lui ont permis d’arriver à ce résultat. « En ce qui concerne cette maladie, mes résultats font partie des meilleurs au monde », estime-t-il.
Ses recherches sur le Sida lui ont permis d’identifier des aliments pouvant freiner la progression des maladies opportunistes telles la tuberculose. L’ajoèn, un anti oxydent contenu dans l’ail, de même que la poire, le citron et les légumineuses peuvent, selon lui ralentir le développement du virus dans l’organisme. Dans d’autres maladies, il continue les recherches. Si des cas d’asthme sont traités, de même que des kystes d’ovaire, il dispose aussi de calmants en ce qui concerne le diabète. Cependant, les maladies des yeux, de par leur complexité, sont exclues de ses recherches. Tous ces résultats ont suscité l’intérêt d’une centaine de médecins, de sage-femmes et d’infirmiers avec qui il collabore dans le cadre des soins. Toutefois, ses dernières révélations sur la stérilité masculine lui ont suscité quelques grincements de dents du côté de certains spécialistes. Ces derniers, ne sachant que faire face au mal ont dénoncé cette « incursion » du tradipraticien et tenté de railler sa découverte. Dans le même temps, certains spécialistes ont pris sa défense. « Cette réaction est compréhensible, car c’est une maladie face à laquelle les européens eux-mêmes n’ont guère apporté de remèdes. Et moi, j’ai fait confiance à mes plantes et racines pour aboutir à ce résultat », résume-t-il.
« Je voulais un métier pour me faire respecter »
Si Samba Ndiaye est à même d’obtenir des résultats sur des maladies qui ont longtemps préoccupé la médecine moderne, c’est parce que l’homme s’est investi depuis belle lurette dans l’étude des plantes. Des recherches qui lui ont valu dix années de sacrifice avant de se lancer véritablement dans la pratique.
Cette passion de la médecine traditionnelle est d’abord liée à l’héritage de son père Ndiol Dème, un dignitaire religieux du village de Ndindi, Diourbel. Tout jeune, Samba Ndiaye hérite des connaissances de ce dernier et se familiarise déjà avec la vertu curative des plantes. Des connaissances de base qui lui ont permis de prendre les habits d’un tradipraticien. Mais, ce n’était pas encore le moment de se lancer dans cette voie. « Je voulais aussi avoir un métier qui me permet d’être respecté et de ne pas exiger certaines sommes d’argent aux gens qu’on soigne », explique-t-il. C’est pourquoi, dès l’obtention de son bac D en 1989, il intègre l’Institut des sciences de la terre (Ist) de l’Ucad. A cause des « urgences familiales », il ne termine pas sa formation et tente le concours de l’Efi (Ecole de formation des instituteurs). Aujourd’hui, en plus de son métier de tradipraticien, Samba Ndiaye est aussi instituteur et fonctionnaire de l’Etat sénégalais. Aussi bref soit-il, son passage à l’Ist lui sera bénéfique à bien des égards. Car il y recevra des enseignements en biologie (végétale et animale), en chimie, biochimie, en géologie, de même qu’en embryologie. Ce qui va lui permettre d’affiner ses connaissances en médecine traditionnelle.
Recevant des malades qui viennent de l’extérieur du pays, Samba Ndiaye a senti la nécessité de créer son propre site Internet ( www.sambamara.com) pour « toucher le maximum de personnes », selon lui. Une initiative qui le différencie davantage de ses autres pairs. S’il se fait l’avocat de certains d’entre eux en demandant l’homologation de la médecine traditionnelle au Sénégal, comme c’est le cas au Brésil, en Inde et en Chine, il fustige ceux qui passent leur temps à faire leur propre publicité dans les radios. « Beaucoup s’emparent de ce métier pour en faire un gagne-pain, ce qui est très grave », regrette-t-il.
La quarantaine, Samba Ndiaye est une personne qui soulage avec les plantes et crée, en même temps, des emplois. Dans son cabinet, il a engagé une dizaine de jeunes qui l’accompagnent dans son travail. Partagé entre l’école et le cabinet, Samba Ndiaye dispose de très peu de temps pour se consacrer à ses amis. L’après-midi du vendredi, il est au repos. Ce qui lui permet de continuer ses recherches dans le net ou de suivre une partie de football dans une chaîne de télévision. Chaque jour, au réveil, Serigne Samba préfère marcher avant de commencer ses activités. L’hygiène de vie commence par ce geste.
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